MIRO le sitariste

Posté par LA SCALA RETROUVEE le 12 mars 2013

MIRO

*

MIRO le sitariste dans MIRO le sitariste miro-sitar-200x300

Miro n’était pas le seul artiste étranger à faire partie des habitués de la Scala. En ce début des années soixante, beaucoup de pays y étaient déjà représentés: l’Espagne, avec Pépé TOVAR, Ramon CUETO, José Maria SIERRA avec tous les flaminquistes, l’Italie, avec Bénito MERLINO, Luigi LANI, l’Amérique du Sud et surtout, les pays de la Cordillière des Andes, avec une quantité impressionnante de groupes folkloriques, trop longs à citer ici, la Russie, avec les LOUTCHEK et les musiciens drainés par eux, Israel avec les DUDAÏM, le Québec avec MOUSTIQUE et compagnie, l »Angleterre, la Belgique, etc…

Bref, une « Société des Nations en réduction », comme le dit si bien Gabriel ZURINI!

Originaire de la République fédérative socialiste de Yougoslavie, proclamée en 1963, Miro débarqua à la Scala, justement au cours de cette année là! Qui l’amena à la Scala? Peut-être bien Pâris ZURINI, qui parlait, je crois, une langue yougoslave! Laquelle, je ne l’ai jamais su. En ce temps là, la Yougoslavie était (déjà) divisée en six républiques et cinq nationalités reconnues! Un vrai casse tête pour nous, de savoir à quelle république Miro appartenait. Pour moi c’était à la Croatie, Mais comme il n’en parlait jamais, nous nous contentions de le qualifier de « yougoslave »!

En revanche, on avait parfois du mal à comprendre pourquoi il avait opté pour un instrument si bizarre à nos yeux ou plutôt à nos oreilles! Et certainement aussi, à nos esprits! Pour nous, le sitar était réservé essentiellement à des spiritualistes orientaux!, Certes, Georges HARRISON avait déjà habitué le monde à ces sonorités nouvelles, que les Beatles avaient finement utilisées dans certaines de leurs chansons. De plus, Ravi Shankar était très à la mode.

miro-ravi-shankar dans MIRO le sitariste 

Mais à la Scala, où la guitare était reine, Miro faisait office de martien! Toutefois, en bons démocrates, les habitués respectaient le musicien et sa musique, même si, parfois, il leur arrivait de se moquer gentiment. Néanmoins, Miro le sage faisait tranquillement son petit bonhomme de chemin, en s’isolant toujours au fond de la salle. Là, il continuait inlassablement à faire ses gammes, en dépit du bruit ambiant, souvent involontaire. Malgré son visage taillé en coups de serpe et un parler plutôt rude, Miro était timide et assez solitaire. A ma connaissance, il n’eut jamais, à la Scala, une quelconque relation sentimentale. Pourtant, certaines demoiselles ne demandaient que ça! (Il était  assez beau garçon!) Pas davantage, on ne lui connut  une amitié masculine réelle ou suivie. Miro semblait irrémédiablement ne vivre que pour son sitar. En bon samaritain que j’étais, parfois, j’exhortais l’assistance à faire silence pendant que Miro jouait. Mais j’avoue n’avoir eu que rarement l’occasion d’être entendu, si je peux dire! Mais bon, il faut croire que cela ne dérangeait pas Miro outre mesure!

En résumé, je pense que Miro avait certainement des choses à dire, même et surtout avec un sitar. Peut-être que, trop habitués à notre culture occidentale, n’étions nous pas capables de saisir les subtilités d’une musique qui nous dépassait? En voulant m’en assurer, j’ai consulté internet. Je n’ai rien trouvé sur une éventuelle carrière du sieur Miro! Mais comme je n’avais qu’un prénom à me mettre sous la dent, je reste optimiste. MIRO a peut-être fait une brillante carrière, sous un nom que je ne connais pas! Mais quoiqu’il en soit et comme le disait Coubertin, qui lui, n’était pas sitariste:  « l’important c’est de participer« ! C’est bien ce que fit l’ami Miro à la Scala, pendant plusieurs années! En cela, il reste cher à nos souvenirs!

Publié dans MIRO le sitariste | Commentaires fermés

 

SAUVONS NOS ECOLES ! |
On nous prend pour des cons! |
En construction |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Délices et Saveurs
| La légende de Fecinu
| laroquebrou