GERMINAL

Posté par LA SCALA RETROUVEE le 30 septembre 2008

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GERMINAL 

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Germinal chante « Si ma chanson me ressemble « 

Paroles Jacky SCALA, musique Claude PRECHAC 

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En 1970, Bertrand CASTELLI, le metteur en scène de  » Hair », comédie musicale qui avait eu un énorme succès aux Etats Unis, vint me trouver pour que je lui fournisse des « chanteurs-guitaristes-comédiens-aux cheveux longs »pour ce même spectacle, qu’il avait l’intention de monter au théâtre de la Porte Saint Martin, à Paris. Je lui envoyai pas mal de copains, qui furent presque tous engagés. GERMINAL en faisait partie  

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GERMINAL chante en breton!!!

Le 20 12 2012, reçu de GERMINAL, cet email :

GERMINAL dans GERMINAL germinal-commentaire-email

Bon! Sans avoir trop le sentiment de me répandre sur le passé, j’accepte,bien volontiers, de me prêter, de bonne grâce, à votre pressante demande, chers Jacky et Denise, que nous avons toujours la joie, Josy et moi, de visiter, dans votre si belle demeure médiévale deVézenobres. 

Tiens, ça me fait penser que des »retrouvailles » futures seraient envisageables, mais la réciproque est aussi réalisable, puisque vous connaissez le chemin.

                                                             *

A la manière de Georges PEREC, parlant du lieu magique que fut la Scala, j’utiliserai la  formule classique du « je me souviens »…:

-Je me souviens du brouillard nicotinique qu’il fallait brasser pour reconnaître,

attablés dans les recoins, quelques Rodolphe, Vitold ou autres personnages de romans picarestes.

-Je me souviens de la bonne humeur permanente, des bons mots et des vannes lancées par dessus le petit comptoir, par le maître de céans.

-Je me souviens de l’infatigable Denise, au four et au moulin.

-Je me souviens de la générosité de Jacky et de l’empilement des petites notes de crédit accordées aux clients fauchés (existe-t-il encore des agissements de cette nature? J’en doute).

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Bernard LAVILLIERS

Eh oui, c’était lui, dans la cave de la Scala, au cours des année sixties!

-Je me souviens de mon pote Bernard, pas encore tout à fait LAVILLIERS, mais déjà plein d’assurance, de suffisance et de certitude, nous gratifiant, cobayes privilégiés, de ses dernières créations.

-Je me souviens de sa groupie number one, petite demoiselle, éperdue d’admiration devant  son idole, toujours de noir vêtue et que l’on surnommait : »corbeau », bien que « aigle noir » eut été plus opportun, tant elle s’inspirait de Barbara. 

-Je me souviens d’une toute petite scène qui mettait en exergue une contrebasse, attendant, souvent vainement, les tentations d’un mélomane inspiré.

-Je me souviens d’une malicieuse et gracieuse égérie, notre « MOUSTIQUE« , Mousse pour les intimes, dont j’étais admiratif, pour ne pas dire plus et qui, un soir, me prit dans ses mailles pour filer à l’anglaise… Il fallait que ses mailles m’aillent. Bzzz paf!

-Je me souviens des manies aéronautiques de ce cher Dary et des gros porteurs, victimes de  ses coups bas,qui s’abattaient comme des mouches.(Seuls, les initiés comprendront).

-Je me souviens avoir entraîné à la Scala, mon fou furieux de pote, Dominique MAURIN, plus célèbre, à cette époque que son frère Patrick DEWAERE.

-Je me souviens, débutant dans la chanson depuis peu, que c’est à la Scala que Dominique SAINT PIERRE, productrice et épouse du réalisateur de télé, Guy LABOURASSE, me prit sous son aile pour me faire enregistrer mon premier disque (un 45 tours: « la confiture de fleurs »).

-Je me souviens d’ y avoir séduit quelques belles plantes  et bu quelques canons

(à moins que ce ne soit l’inverse? Ma mémoire est floue).

-Je me souviens de mon frère, poète libertaire,tendance RIMBAUD:  » Théophile », de son vrai

nom, Antoine TAMAYO, fils d’un anarchiste espagnol et d’une russe rouge,

conçu dans un camp de concentration et rescapé miraculeusement de l’ignominie.

-Je me souviens du trio LAVILLIERS, Théophile et moi même, quittant la Scala à sa fermeture, pour aller s’achever dans un bouge des halles, au gros picrate infame et frites baveuses.

Refaire le monde était l’antienne jusqu’à l’aube… A l’antienne Etienne.

-Je me souviens que Fancis MOZE (qui rejoindra plus tard LAVILLIERS) a commencé à faire ses gammes à la Scala et s’initier sur la fameuse contrebasse, avant de devenir l’excellent bassiste de « Magma », Catherine LARA et consorts. 

-Je me souviens avoir fait découvrir la Scala à Béatrice TEKIELSKY, que j’hébergeais alors.

-Je me souviens des frères DAUMAL (Denis et Luc, je crois) de bonnes compagnies, qui ne sont autres que les neveux du poète René DAUMAL que je vénère.

-Je ne peux que me souvenir de mon DARY, mon vieil ancrage, à travers des décennies d’amitié.Cet histrion notoire, ce flibustier des nuits mouffetard, tard, tard, le soir! Ce clown de haut vol (bzz, bzz, paf!). C’est à lui que je dois d’avoir connu la Scala. DARY et moi, faisant la manche chez les « Mimines« , (ce petit resto non loin de chez toi ), avec lesquelles vous étiez amis et qui nous permit de faire connaissance avec le père DUVAL (« la calotte chantante » de BRASSENS

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                                                   Dary                                                                                 Germi

DARY et moi, c’est tant de choses partagées: le « petit conservatoire » de MIREILLE, « Hair », les lieux qu’il a animés, à Paris ou ailleurs, tant de fous rires, d’émotions, de facéties, de gauloises réparties ou situation, car l’ami est un personnage rabelaisien.

La Scala pèse de tout son poids dans cette insoluble amitié.

-Je me souviens de nos premiers pas d’artistes dans la déconne anarchisante, dans l’atmosphère endiablée du lieu, des sketches improvisés, tel celui, un soir, de Dary, chantant, sérieux comme un pape, la chanson de Giani ESPOSITO: « le clown est mort ». Il se faisait accompagner par des musiciens, dont MOZE, qui, mécontents de sa prestation, se faisaient la valise, l’un après l’autre, non sans lâcher, au passage, quelques remarques vexatoires, laissant seul DARY finir, stoïque et à capella, cette chanson mélancolique. » Et vous, applaudissez, admirez son effort… ». 

-Je me souviens de parodies et de moments impayables, (du reste, on ne payait pas) et de chaque artiste, testant, auprès de la clientèle baroque, l’effet produit par telle création nouvelle.

-Je me souviens des orfèvres de la « gratte », devant qui je me sentais tout petit… Salut, petit Claude (PRECHAC), aujourd’hui en exil, non loin de chez moi et qui vint me visiter, lorsque je gérais le « Dali », à Montauban.

-Je me souviens de Gérard THOMAS, dit : »joli coco », qui lutte, en ce moment, contre la maladie.

-Je me souviens d’une interview de Sim, par une équipe de télé, un après midi de Scala close.

-Je me souviens de Mitzi BRAVINE, avec qui, plus tard, je travaillerai sur une comédie musicale et un album Barclay. ( C’était « Attention »).

-Je me souviens de Jean Baptiste SEIGELSTEIL, diseur de poésie, chez qui j’ai débarqué, un soir de bruine, au fond du Gers, pour ne plus revenir. Abandon de la compétition, me soufflera, plus tard, Yvan DAUTIN… Tiens, je me souviens d’ Yvan DAUTIN à la Scala.

Ah, ce continent d’utopies! Toute une engeance de mouvements, d’idées, d’énergie mobilisatrice, d’insouciante soixantuitude! La Scala, c’était la possibilité d’une île, la positivité du nid, la fac de mes desseins fraternels!

-Je me souviens que, bien avant que n’existât le concept fumeux de « musiques du monde » et moult festivals étiquetés tels, à la Scala, c’était déjà, tous les soirs, le melting potes musical. Faire escale à la Scala, c’était s’caler et s’la couler cool, esquisser d’exquises escalades…

-Je me souviens, trouvères, troubadours, troulalères et troulala itou; jazzeux, classieux classiqueux, les échèquistes again, les charangistes altiplaneux, les flûtistes descendus des Andes; poètes pouet pouet, chouettes et hiboux empanachés de lunes, filles rebelles de la Mouff’, fumant la pipe ou étudiantes, en concédant, parfois; fumeux penseurs abscons en vers  » d’hypathétiques » grands soirs.

-Je me souviens que, nonobstant mon incurable facilité à fermer les tiroirs du passé, sédiments fertiles, certes, mais irrémédiablement enfouis…

A coup de pelleteuses, au forceps, finalement… Je me souviens…

C’est une marque indélébile, un kyste dans la mémoire, un sceau inaltérable, la Scala demeure une demeure de l’esprit sain.

  Alleluia!..,

                                » mon frère », ajouterait, sans aucun doute, Jacques SAMMY!

                                                                        Fidèlement votre.

                                                                              GERMI 

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