CSISKY Attila de

Posté par LA SCALA RETROUVEE le 5 juin 2011

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CSISKY Attila de

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J’ai déjà parlé de la tendance internationaliste de la Scala. Cela venait par vagues et par époque, sans qu’on l’ait spécialement voulu. Tout comme les styles musicaux qui défilèrent, folklore andin, (Amérique du Sud), flamenco, (Espagne), fado de Coimbra (Portugal), musiques russes, israéliennes, gitanes, blue grass, blues (Etats Unis), etc.. 

En ce qui concerne Attila de CSISKY, il ne s’agissait pas de musique, mais d’un personnage hors du commun, qui portait bien son prénom:Attila! Heureusemenr qu’il ne poussait pas d’herbe à la Scala, elle aurait trépassé en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Grand, fort et impressionnant, Attila avait le verbe haut et les bras comme des jambons: il était sculpteur et taillait la pierre avec une vigueur exceptionnelle. Mais malgré son aspect rude, il avait le coeur sur la main! Il nous arriva d’assister au vernissage de ses oeuvres! Ce n’était jamais triste, tant le bougre le marquait de sa forte personnalité! Sa générosité n’était pas moins proverbiale!

D’origine hongroise, je pense qu’il avait du partir de son pays à la suite de la révolution de 1958 qui fut écrasée par les russes. 3000 hongrois furent tués et 200.000 prirent la fuite. Je pense qu’Attila en faisait partie. Il s’était retrouvé en France avec d’autres hongrois. Quelques uns, dont Attila, avaient attéri à la Scala, je ne sais trop comment. Nous n’avons jamais abordé le sujet sur les « réfugiés » avec eux. De toute façon, qu’ils soient  »réfugies » ne  changeait rien pour nous, car sitôt le pas de la porte franchi, ils étaient entrés dans la grande famille de la Scala. 

Attila possédait  un énorme dogue allemand tout noir qu’il amenait toujours à la Scala. Le chien restait couché sagement à même le sol. C’était étonnant de voir ses pattes avant et arrière prendre presque toute la largeur de la salle! Une fin d’après midi, en mai 68, Denise voulut aller chercher notre fille Sylvie, à l’école, située près de chez nous. Mais, devant l’entrée de la Scala , une compagnie de CRS, manifestement sur les dents, car ça chauffait dans le quartier à ce moment-là, lui intima l’ordre de rebrousser chemin! Denise eut la bonne idée de prendre le dogue par la laisse et de sortir fièrement avec lui, bravant la gente policière qui se garda bien d’intervenir, vu la taille du molosse. Et toute la Scala de rire, qui regardait la scène au travers de la vitrine!

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 Sultan? Brutus? J’ai un trou de mémoire! 

Malgré la « révolution » qui se déroulait dans le quartier, nous avons passé de bons moments avec les hongrois, toujours joyeux, souriants et aimés de tous. Bien sûr, leur leader était Attila! Ce qui n’empêchait pas les musiciens de jouer, les chanteurs de chanter, les joueurs d’échecs de mater et les autres de bavarder ou de s’aimer! Les accents se mélangeaient, ainsi que les cultures, voire les corps et c’était réconfortant et  réjouissant. Il y avait parmi le groupe, Emilie A., une belle hongroise, qui, à chaque fin de mois, la larme à l’oeil, se plaignait auprès de nous, que le chêque de son « ami » parisien, (prénommé Gilbert et au demeurant marié et des enfants), tardait à venir. C’était aussi l’occasion d’en rire et on n’en voulait pas à la belle Emilie d’accepter cette situation, car il n’était pas évident d’avoir un emploi quand on était, il faut bien le dire, « étranger ».

Oui, Attila fut un personnage marquant de la Scala, Ses amis hongrois  furent attachants et enrichissants. Que sont-ils devenus? Internet n’est pa très bavard à leur sujet! Ca ne nous empêche pas de penser encore à eux.

    

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